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Sommaire: La dépression, le stress et l’anxiété chez les femmes enceintes qui se sont produits à la suite de la pandémie de COVID-29 peuvent avoir un impact sur le développement du cerveau du fœtus.

La source: La nature

Selon une étude publiée dans Médecine des communications.

L’étude a porté sur 65 femmes enceintes pendant la pandémie (juin 2020 à avril 2021) et 137 femmes enceintes avant la pandémie (mars 2014 à février 2020). Aucun des participants évalués au cours de la pandémie n’était connu pour avoir été infecté par le SRAS-CoV-2, le virus qui cause le COVID-19.

L’étude a évalué l’impact potentiel de la pandémie elle-même sur les femmes enceintes et leurs fœtus en développement avant la naissance, plutôt que l’impact des infections au COVID-19.

Catherine Limperopoulos et ses collègues ont imagé le cerveau des fœtus dans l’utérus de mères enceintes avant et pendant la pandémie de COVID-19 à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). L’imagerie a évalué la structure de surface du cerveau, y compris le pliage cortical et la forme ridée (gyrification) et la profondeur des rides (profondeur sulcale) de la surface du cerveau.

Sur les 202 participants, les auteurs ont posé des questions à 173 mères pour enquêter sur toute détresse ressentie pendant la grossesse, y compris l’anxiété, le stress et la dépression.

Les auteurs ont constaté que le stress et la dépression étaient proportionnellement plus signalés chez les mères qui étaient enceintes pendant la pandémie. Dans l’ensemble, 34 (27,6 %) femmes de la cohorte pré-pandémique et 26 (52,0 %) femmes enceintes pendant la pandémie ont été considérées comme ayant une détresse psychologique élevée. Les niveaux d’anxiété sont restés constants dans tous les groupes.

Les auteurs ont observé que trois structures cérébrales et mesures volumétriques (volumes de la substance blanche du cerveau, de l’hippocampe et du cervelet) étaient diminuées chez les fœtus de la cohorte pandémique par rapport à la cohorte prépandémique.

Le développement de ces structures cérébrales était associé négativement aux scores d’anxiété, de stress et de dépression.

En incluant également les mères signalant un faible stress dans l’analyse, les auteurs ont observé que les fœtus de femmes enceintes du groupe à faible stress présentaient des volumes inférieurs dans les trois mesures cérébrales de la cohorte pandémique par rapport à la cohorte pré-pandémique.

Les auteurs ont constaté que le stress et la dépression étaient proportionnellement plus signalés chez les mères qui étaient enceintes pendant la pandémie. L’image est dans le domaine public

Les auteurs suggèrent que cette variabilité et cette incohérence indiquent que plusieurs facteurs sont impliqués dans le développement du cerveau fœtal.

Lors de l’observation de la structure cérébrale, les auteurs ont constaté que la surface corticale et l’indice de gyrification local étaient diminués dans les quatre lobes, tandis que la profondeur des sillons était plus faible dans les lobes frontaux, pariétaux et occipitaux gauches de la cohorte pandémique. Les auteurs suggèrent que ces mesures peuvent indiquer une gyrification cérébrale retardée.

Les auteurs avertissent que les différences lors de la comparaison de plusieurs résultats suggèrent qu’il existe de nombreux facteurs qui influencent le développement du cerveau, pas seulement un stress maternel élevé.

Les auteurs discutent de l’influence potentielle de l’éducation parentale chez 197 des mères, entre autres facteurs, qui sont associés au développement du cerveau.

La variabilité des données suggère qu’il existe des périodes de plasticité qui pourraient permettre des interventions pour la mère et l’enfant.

Les auteurs n’ont pas étudié l’impact à long terme des changements potentiels présentés dans cette étude et ils suggèrent que de futures recherches pourraient approfondir cette question.

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À propos de cette actualité sur la recherche sur la dépression et le développement du cerveau

Auteur: Bureau de presse
La source: La nature
Contact: Bureau de presse – Nature
Image: L’image est dans le domaine public

Recherche originale : Libre accès.
“Détresse psychologique maternelle pendant la pandémie de COVID-19 et changements structurels du cerveau fœtal humain” par Yuan-Chiao Lu et al. Médecine des communications


Résumé

Détresse psychologique maternelle pendant la pandémie de COVID-19 et changements structurels du cerveau fœtal humain

Arrière plan

Une détresse psychologique maternelle élevée pendant la grossesse est liée à des résultats défavorables chez la progéniture. Les effets potentiels des niveaux intensifiés de détresse maternelle pendant la pandémie de COVID-19 sur le cerveau fœtal en développement sont actuellement inconnus.

Méthodes

Nous avons recruté de manière prospective 202 femmes enceintes : 65 sans exposition connue au COVID-19 pendant la pandémie qui ont subi 92 IRM fœtales et 137 témoins pré-pandémiques qui ont subi 182 IRM. Des images pondérées en T2 à écho de spin rapide multi-plans et multi-phases ont été acquises sur un scanner GE 1,5 T MRI. Les volumes de six types de tissus cérébraux ont été calculés. Les mesures de repliement cortical, y compris la surface du cerveau, l’indice de gyrification local et la profondeur des sillons ont été déterminées. À chaque IRM, la détresse maternelle a été évaluée à l’aide d’échelles validées de stress, d’anxiété et de dépression. Des équations d’estimation généralisées ont été utilisées pour comparer les mesures de détresse maternelle, le volume cérébral et les différences de repliement cortical entre les cohortes pandémiques et pré-pandémiques.

Résultats

Les scores de stress et de dépression sont significativement plus élevés dans la cohorte pandémique, par rapport à la cohorte pré-pandémique. Les volumes de substance blanche fœtale, hippocampique et cérébelleuse sont diminués dans la cohorte pandémique. La surface corticale et l’indice de gyrification locale sont également diminués dans les quatre lobes, tandis que la profondeur des sillons est plus faible dans les lobes frontaux, pariétaux et occipitaux dans la cohorte pandémique, indiquant une gyrification cérébrale retardée.

conclusion

Nous rapportons une croissance cérébrale fœtale altérée et une gyrification corticale cérébrale retardée dans les grossesses à l’ère de la pandémie de COVID-19, dans le cadre d’une détresse psychologique maternelle accrue. Les conséquences neurodéveloppementales potentielles à long terme d’un développement cérébral fœtal altéré dans les grossesses de l’ère COVID méritent une étude plus approfondie.